Commençons par le début de notre aventure et faisons découvrir à nos lecteurs de la toile les articles sur notre cocher Charles de Batz, de Castelmore, dit Comte d'Artaignan. Voici donc la substantifique moelle à déguster avec un Jurançon si possible! |
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Dépêche 01 Hiver 1997
MOURIR A MAESTRICHT
ou les promesses crépusculaires
" Par Dieu, Monsieur, dit Athos,
voici une proposition qui me plaît, non
pas que je l'accepte, mais elle sent son
gentilhomme d'une lieue ! "
Charles de Batz, de Castelmore, dit Comte d'Artaignan, gentilhomme gascon né un an après l'assassinat d'Henri IV, capitaine des mousquetaires du roi, promu maréchal de camp après avoir procédé avec efficacité, en 1661, à l'arrestation de Fouquet, est donc venu mourir à Maëstricht en 1673, abattu par le boulet d'un artilleur hollandais particulièrement perspicace. On sait qu'à l'issue d'une expédition-éclair de treize jours, Louis XIV, assisté de Vauban, avait mis le siège devant la ville flamande et y était entré incontinent. Mais sans le maréchal de camp d'Artagnan, resté pour l'éternité, tel Moïse, hors les murs...
Voilà bien une raison - parmi quelques autres - de nous placer sous le patronage du flamboyant mousquetaire : à 324 ans de distance, il semble nous crier : plutôt mourir que d'entrer dans Maëstricht !
Mais une leçon peut en cacher une autre, dont nous pouvons tout autant faire notre miel. Après avoir fait sa royale entrée dans la ville, Louis XIV l'a rapidement abandonnée par la grâce opportune d'un nouveau traité. Ce double événement sonne comme une mise en garde, venue cette fois du roi-soleil 1 u i -même : entrer dans Maëstricht est une chose, mais l'important est de savoir en sortir...
Une troisième leçon, qui n'est pas la moindre, s'est cependant glissée dans les interstices. On pourrait l'énoncer ainsi : quitte à entrer dans Maëstricht, il n'y faut aller que l'épée au poing, car traquenards et chausse-trappes y sont monnaie unique et les boulets y pleuvent comme des hallebardes !... Je le disais : vive d'Artagnan, mes amis!
Restons-en à lui, cet étincelant héros, sans plus nous demander s'il s'agit du personnage qui s'est acquis, sous les rois Louis XIII et XIV, les honneurs de l'Histoire, ou celui, incontestablement plus illustre, qu'a mis en scène Alexandre Dumas. Peu importe pour notre propos qu'il s'agisse de l'un ou de l'autre, même si le second a le privilège de mobiliser d'une manière plus allègre, et avec une profusion plus décisive, les souvenirs de notre première adolescence.
Ce qu'il nous importe de dire ici, c'est une chose, ou deux, de ce que son image peut évoquer à notre aimable Compagnie. Impossible d'être exhaustif sur ce sujet. Donc une chose, ou deux, ou trois, comme ça, comme elles vont venir.
Et pour commencer, être mousquetaire du roi, c'est n'avoir pas peur d'en découdre avec les gardes du Cardinal. Et quand l'ennemi de coeur - allez, mettons Milady - se trouve être un agent du Cardinal, on en vient tout naturellement à se poser des questions sur la vraie nature des ambitions d'un Richelieu. Tallemant des Réaux (Gédéon), l'ami d'un autre cardinal (de Retz), raconte dans ses Historiettes qu'en 1607 le jeune Armand du Plessis, duc de Richelieu, âgé d'à peine 22 ans, s'est rendu à Rome pour s'y faire sacrer évêque. " Le pape lui demanda s'il avait l'âge : il dit que oui... et, après le sacre, il lui demanda l'absolution de lui avoir dit qu'il avait l'âge, quoiqu'il ne l'eût pas /..." Commentaire du pape Paul V : Questo ragazzo sara un gran furbo ! Le moins qu'on en puisse dire, en effet, c'est que le jeune évêque était peu enclin à mettre le conseil de Machiavel dans sa poche... Exemple : dans la querelle entre Louis XIII et sa mère, Marie de Médicis, il choisira d'abord le mauvais parti, celui de la régente. Il lui fallait rectifier le tir : il sera assez malin pour réconcilier un temps la mère et le fils, juste assez pour pouvoir se retrouver en douceur du bon côté... Alors on s'interroge : Comment cet homme, qui apparaît comme une concrétion d'ambition froide, et qui finit par acquérir dans l'Etat une puissance sans égale, n'a-t-il jamais cédé aux vertiges du pouvoir ? Comment a-t-il su toujours demeurer à sa place ?
À cette question, une réponse claire : // était l'intelligence politique même. Il avait une intelligence aiguë de la place qu'était en train de prendre la France dans le monde, dans l'Europe - et dans le coeur des Français, et même déjà dans celui des autres peuples. Il avait aussi l'intelligence de la place dévolue à l'Etat, et au roi, et à son ministre, dans la défense de l'intérêt national. C'est ce sens du pays, ce sens exacerbé de la France, qui le conduira à préparer, avec une prescience quasi extra-lucide, l'heureuse issue de la Guerre de Trente Ans. Il mourra en 1642, six ans avant les traités de Westphalie que Mazarin saura négocier à sa place et dans l'esprit même qui était le sien. Les traités de Westphalie ! Même si ce fut post mortem, où Richelieu a-t-il mieux fait la preuve de son éclatant génie qu'en stérilisant, pour un siècle et demi les ambitions impériales du monde germanique, alors portées par la Maison d'Autriche ? Il faudra attendre l'aventure napoléonienne pour qu'elles soient, durablement hélas, réveillées.
En France, " l'indifférence pour la géopolitique est aujourd'hui plus que jamais, un drame national " nous dit Paul-Marie Couteaux dans son essai L'Europe vers la guerre. Le mot n'avait pas besoin d'exister pour que Richelieu se révèle un géopoliticien de grande envergure. Il avait tout compris, et sa loyauté à l'égard du roi procédait sans doute moins d'un quelconque sens moral que de l'intelligence profonde qu'il avait du rôle de la fonction royale dans la cohésion et le développement du pays. Pour garantir l'indépendance de la France, il savait d'intuition qu'il lui fallait d'abord asseoir la puissance royale : d'un côté, il abattit les dernières féodalités ( Cinq-Mars, Montmorency, la " journée des Dupes "... ) et abolit les derniers privilèges militaires des huguenots ( siège de La Rochelle, paix d'Alès ), réalisant du même coup le grand rêve de Jeanne d'Arc en effaçant toute présence anglaise de nos côtes ; et de l'autre, ensoutenant les princes protestants allemands tout en s'assurant l'alliance du Grand Turc, il figea pour longtemps les forces obscures déjà à l'oeuvre dans l'inconscient collectif germanique.
Lors du siège de La Rochelle, en 1627, d'Artagnan (celui de Dumas!) est convoqué par le Cardinal qui lui propose d'entrer dans ses gardes:
- Vous acceptez, n 'est-ce pas ?
- Monseigneur..., reprit d'Artagnan d'un air embarrassé.
- Comment, vous refusez ? s'écria le Cardinal avec étonnement.
- Je suis dans les gardes de Sa Majesté, Monseigneur, et n'ai nulle raison d'en être mécontent.
- Mais il me semble, dit l'Eminence, que mes gardes à moi sont aussi les gardes de Sa Majesté et que, pourvu qu'on serve dans un corps français, on sert le roi. (Les Trois Mousquetaires, chap. XL). Quelque temps plus tard, après une rencontre très tendue avec les "trois" mousquetaires - dont d'Artagnan - le Cardinal se retire non sans murmurer entre ses moustaches : Ces quatre hommes, décidément, il faut qu'ils soient à moi.
Avec ces quatre-là, ça ne marchera pas. Mais il aura beaucoup plus de succès, huit ans après, en 1635, lorsqu'il voudra que les meilleurs écrivains français "soient à lui". Ils ne seront pas quatre, mais quarante : voilà comment l'Académie française est venue prendre sa place - celle d'une épée vouée à la défense de la langue française et à l'illustration de la francophonie - dans le grand dessein géopolitique national. L'esprit de d'Artagnan souffle même sur le quai Conti... ( Eh eh ! voilà qui pourrait donner des idées à l'un ou l'autre d'entre nous...).
L'esprit bretteur - celui qui nous fait aller, flamberge au vent, animés par l'idée d'en découdre à la première occasion avec ceux qui ne voient pas, ou qui refusent de voir, ce que nous voyons, ce qui nous saute aux yeux - n'est pas fait, à l'évidence, pour nous déplaire. Sans doute y a-t-il chez d'Artagnan un côté Zorro, ou Errol Flynn. Mais on y trouve aussi quelque chose de Tintin, le petit qui n'a pas peur des gros et sait même, à l'occasion, et au fil de l'épée, les tenir en respect. Tintin, qu'un autre "grand cardinal", orphelin de son roi celui-là, reconnaissait comme "son seul rival international"...
Ensemble, "tous pour un, un pour tous", les compagnons de d'Artagnan revendiquent le respect de la souveraineté, à commencer par leur souveraineté propre, la possibilité de la libre affirmation de soi - qui, pour nous, n'est pas séparable de la souveraineté nationale. L'indépendance du pays est, de toutes nos libertés, la plus précieuse, celle pour laquelle nous consentirions, s'il le fallait, les plus lourds sacrifices : il est là, notre souverainisme.
Or c'est bel et bien à notre substance même que s'attaque le chiffon de papier maëstrichtien. Maëstricht, nouveau mystère douloureux du rosaire de nos renoncements, qui nous infligea ensuite les accords de Dublin et d'Amsterdam en attendant l'accomplissement possible de leurs promesses crépusculaires.
La "France éternelle", comme toutes choses ici-bas - et comme nous le savons bien - est mortelle. Nous pourrons parfaitement voir un jour détruire sous nos yeux tout ce qui fait le sel de nos existences. Mais, en politique, l'absolue sottise du désespoir n'est franchement pas notre fort ! Le temps où, trame après trame, le tissu national se reconstituera est... à portée d'estoc ! Et ce qui reste à en détruire dépasse sans doute encore toutes les forces disponibles des barbaries coalisées.
D'Artagnan, tué à l'ennemi devant Maëstricht, a encore de belles
journées à vivre, et à nous faire vivre.
Christian Thervaine
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d'Artagnan TIMBRIFIE
Clin d'oeil du calendrier des émissions philatéliques : au moment où nous mettons en forme cette première livraison de La Dépêche, voici que La Poste sort un timbre à l'effigie de d'Artagnan. Il ne sagit pas de l'homme, mais du personnage de roman, au sein d'une série consacrée aux héros d'aventures et qui honore par ailleurs Lancelot, Pardaillan, Cyrano de Bergerac, le capitaine Fracasse et le Bossu. Largement colorées, assez sobres malgré tout grâce à leur fond pastel, ces figurines font plutôt bonne impression ; on regrettera cependant de ne pouvoir distinguer le regard et le front de d'Artagnan, occultés par un large chapeau.
Multipliant à loisir les "produits philatéliques dérivés , la Poste nous livre cette série en carnets, plaquettes et autres documents sur lesquels figure, en plus, une notice explicative. Le plus souvent maladroits et rédigés par un quelconque grouillot, ces textes viennent renforcer, atténuer ou métisser le message idéologique contenu dans le timbre lui-même. S'agissant de héros d'aventures, les enjeux restent somme toute limités, mais la cuistrerie ne se connaissant point de limites, nous y apprenons que d'Artagnan est né en 1844 de la plume d'Alexandre Dumas... alors que la notice de Cyrano fait, elle, explicitement référence au modèle historique. La valeur faciale de ce timbre d'Artagnan étant de 3 francs, chacun pourra l'utiliser pour son courrier ordinaire, à condition d'abandonner 60 centimes supplémentaires destinés à la Croix-Rouge. Voilà qui n'est pas très compétitif par rapport à la télécopie.
La recherche de thèmes attractifs pour en faire un timbre est aujourd'hui un phénomène général : concurrencées sur leurs marchés les plus rentables, les administrations postales nationales sont contestées dans leur légitimité même par le libéralisme ambiant. Il leur reste encore quelques créneaux, sur lesquels elles font flèche de tout bois pour r s'assurer des recettes de poche, et le timbre en fait partie. Le public visé n'est pas, ou n'est plus, un public de collectionneurs ; tout au plus d'acheteurs de souvenirs, parmi lesquels il se trouve encore quelques naïfs croyant que leur camelote bariolée prendra un jour quelque valeur.
Dans les années soixante, la multiplication des émissions dites philatéliques, c'est-à-dire ne répondant à aucune nécessité proprement postale, était l'apanage des pays de l'Est et de quelques micro-pays comme Monaco ou San Marin. Ils furent ensuite dépassés, dans la quantité et le mauvais goût, par divers pays nouvellement indépendants et par les émirats d'Arabie, alors que les pays européens restaient relativement sages en la matière. A l'époque de la croissance, le timbre constituait une matière spéculative de premier choix : anonyme, transportable, d'un rendement élevé et quasiment assuré. Les années de forte hausse des prix suivant le premier choc pétrolier ont artificiellement prolongé cet état de choses : pendant cette période, les PTT écoulaient sans effort des quantités astronomiques de timbres.
Le retournement s'est produit au début des années 80, avec un effondrement des cours et des quantités vendues, qui se poursuit de nos jours. Ceci a obligé la Poste à diversifier son offre, à multiplier les guichets spécialisés, à s'efforcer de séduire de nouveaux acheteurs... et nous a valu un timbre sur d'Artagnan.
Sabine Lecam
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Dépêche numéro 2 Printemps 1998
Editorial
Il convient, en liminaire, d'être clair : la Compagnie d'Artagnan et Planchet n'a
pas pour objectif de prendre le pouvoir. Cela pourrait être l'affaire privée de l'un ou l'autre d'entre nous. Souhaitons alors, et de tout coeur, qu'il y parvienne : quel bonheur ce serait de le voir gravir, entre deux rangées de gardes républicains, les marches de quelque perron élyséen ! Un vrai régal pour les copains !
Ah, les copains... Voilà justement le mot idoine : la Compagnie est avant tout
- et au fond, elle aurait pu s'en tenir là - une assez joyeuse bande de copains au sens de Jules Romains (même si nos préoccupations sont plutôt éloignées de celles du Farigoule ...) : tous très différents et attachés à ces différences, individualistes jusqu'à la moelle, mais clairement conscients des nécessités du collectif, et adorant chasser en meute. Surtout le gros gibier : nous, si épris de clair esprit français, nous avons nos forêts de Thuringe, sombres et sauvages à souhait, où notre bonheur est de pister la bête noire. Rien ne pourrait nous faire plus plaisir que de rapporter quelques trophées.
A part ça, on l'aura peut-être compris, nous sommes non seulement des
gens tout à fait pacifiques, mais surtout, et plus que tout, des êtres libres. Vous êtes libre! dit le brigadier en relâchant Garance. On se rappelle la réponse d'Arletty : "Tant mieux! moi j'adore ça, la liberté !" Tout comme nous... Chacun, ici, pense et dit ce qu'il veut, comme il veut, en ne tenant aucun compte des censures déclarées ou sournoises qui nous guettent, en ignorant obstinément ces gardes-chiourmes à pitbulls qui montent la garde devant les temples officiels de la pensée. Libres, nous le sommes d'ailleurs tout autant les uns vis-à-vis des autres : si l'un de nous engage le fer, il n'engage que lui...
Notre devise n'en reste pas moins, le plus naturellement du monde, tous pour
un, un pour tous! Pour notre Compagnie, liberté rime d'abord avec solidarité. La solidarité entre nous va sans dire. Mais celle qui nous préoccupe au plus haut point, c'est la solidarité nationale. De toutes les libertés, la plus forte, la plus nécessaire, la plus impérieuse, c'est celle de notre collectivité française. C'est là, et là seulement, que la liberté peut être intégralement elle-même, c'est-à-dire souveraine. A un moment où la France est en passe de devenir le Québec de l'Europe, nous avons dérobé - tels Prométhée le feu - le mot-symbole du combat de nos amis québécois : le souverainisme. Etre souverain chez soi, tel est leur programme. C'est aussi le nôtre, et nous n'en avons pas d'autre. Il commence d'ailleurs par nous-même : la souveraineté intérieure, c'est la capacité de déceler et de dénoncer, dans les replis de nos consciences, les agenouillements devant les faux dieux, les servitudes trop passivement subies, les acceptations rampantes de l'inacceptable.
Pour le reste, amis lecteurs de cette flamboyante Dépêche, goûtez
la, dégustez, testez, "tastez" la comme on le fait d'un cépage nouveau, et peut-être découvrirez-vous, au fil de ces colonnes, cette chose dont nous parlerons peu, de peur qu'elle n'en devienne trop visible : le vif plaisir que nous prenons à tout cela ! Si c'est aussi le vôtre, dites-le nous : nous sollicitons les critiques, mais apprécions sans modération les coups d'encensoir...
D'Artagnan, Planchet et Cie
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Dépêche Numéro 4 Automne 1998
1673-1998
A D'ARTAGNAN
LE PEUPLE FRANCAIS
RECONNAISSANT
Paris, le 25 juin 1998. Il est cinq heures du matin. Les custodes des rares taxis qui remontent l'avenue Rapp brillent inutilement sous les premiers rayons de soleil. "Une odeur de fourrage flotte au dessus des Invalides. "Fordy", une Ford-Sierra qui a déjà parcouru 300 000 kilomètres et usé seulement une boite de vitesses en l'espace d'une quinzaine d'années, est d'humeur gaillarde. Ce matin, elle doit nous conduire, François-Marin Fleutot, Marc Vandesande et moi, jusqu'à Maastricht, Pays-Bas. Aujourd'hui, 25 juin 1998, nous y honorerons le 325ème anniversaire de d'Artagnan, alias Charles de Batz Castelmore, capitaine des mousquetaires du roi. Je songe à la réflexion que m'a faite ma fille. Informée hier au soir de notre expédition, Inès, neuf ans, s'était étonnée : "Mais pourquoi d’Artagnan ? J'aurais préféré que vous déposiez une gerbe à la mémoire d'Aramis. A Maubert-Mutualité, j'oblique vers la rue Monge. De la voiture, j'appelle François pour le prier de se tenir prêt. Surprise : il vient manifestement de se réveiller. Café. Nous allons prendre la gerbe de lys qui repose dans le bac à douche. Elle embaume dans tout l'appartement, d'un parfum capiteux viril, sauvage comme le cuir d'un baudrier. Elle est ornée d'un large ruban mauve, avec cette dédicace: "A d'Artagnan, le peuple français reconnaissant-1673-1998-". Marc nous attend aux Halles. Il est 6 heures. Portée symbolique de ce rendez-vous : Le Tambour est situé à deux pas de la rue Tiquetonne, la même où Dumas avait choisi de loger ses deux personnages de fiction, d'Artagnan et Planchet. Curieusement, et pourtant Dieu sait si les cafés, restaurants et hôtels pullulent rue Tiquetonne, aucune enseigne n'évoque l'écrivain ou ses mousquetaires. Marc porte avec le sourire le béret et le gilet du chasseur. La classe !
Le patron du Tambour, un homme aussi bourru que moustachu avec pipe à demeure entre les dents, a la nuit dans les talons. Je m'en aperçois lorsque je lui demande de me céder trois verres à pied.. Il n'est pas question, en effet, de servir le"Coteau du Loir" blanc, élevé et vinifié par nos amis Benoît et Elizabeth Jardin de Ruillé-sur-le-Loir. Nous le dégusterons tout à heure au lieu de la fatale bataille dans de sinistres gobelets. Un consommateur accoudé au bar qui a entendu les mots "Maastricht" et "d'Artagnan" s'adresse à nous : "Maastricht ? -vous êtes allemand ?" - "Non.?" "d'Artagnan vous dites : vous avez un lien de parenté. -"Rien de tout ça : Maastricht est une ville des Pays-Bas ; d'Artagnan est une gloire militaire et littéraire, le porte-enseigne de tout un pan de la civilisation française. Nous sommes trois compagnons qui roulons vers le nord." Cap sur l'autoroute. Les panneaux indiquant Valenciennes me font frémir. Farieaux, l'homme des Provinces-Unies qui commandera la défense de Maastricht face aux armées de Louis XlV avait réussi naguère à faire plier Turenne sous les murs de Valenciennes. Mauvais présage... En à peine deux heures, nous avons atteint la frontière belge.
Il est 9 h 15. Nous sommes à une centaine de kilomètres de Liège (Maastricht dépendait initialement de Liège et de Luxembourg). Le ciel s'éclaircit un peu - le soleil se plaît au-dessus des royaumes. Sur le bord de l'autoroute, un aperçu de l'humour belge avec ces grands panneaux.... au pied des jambes dénudées et poilues d'un mâle moderne, gît un jean affalé en accordéon avec cette accroche : « Et votre ceinture ?"
A hauteur de Namur, nous doublons un semi-remorque aux couleurs d'Inter-marché, avec cette mention en flamand: « Der Muskeutiers". De nouveau, des nuages. Sortie de Grass-Hologne, Verlaine. 10 h 05. Premier panneau indiquant Maastricht. Nous franchissons la Meuse. Obliquons à droite vers Ardennes. Soleil éblouissant. La E 25, les gens d'ici l'appellent « l’autoroute du soleil". Sainte-Gertrude, sur la droite. Direction Endhoven. Maastricht n'est plus qu'à 11 km. Direction Centre ville. L'on aperçoit le mont Saint-Pierre où Louis XIV avait dressé son quartier-général. La flèche d'une grue se découpe dans le ciel. Il est 10 h 25 lorsque nous sommes en vue des remparts de Maastricht en Bordure de Meuse. Nous mettons le pied à terre. Le parfum entêtant des lys nous a abrutis. Le café qui commande l'entrée du quartier, Grannmarkt, s'appelle « Bonne femme".
Maastricht est paisible. Nous nous arrêtons dans un oratoire dédié à la Vierge, au coin d'une faculté. Onze cierges brûlent. Nous en allumons un douzième, à la mémoire de d'Artagnan. Un clin d'œil à la piété des officiers français du siège de Maastricht qui se pressaient sous la tente des Récollets, où se succédaient les offices.
Au coin de l’Aldenhofpark, le jardin qui borde les anciennes murailles, nous découvrons une étrange maison de brique. Sur sa façade, à hauteur du premier étage, s'étend une mosaïque représentant d'Artagnan à cheval. Marc y reconnaît les armes de la famille : "d'azur à la tour crénelée d'argent, d'or à l'aigle... avec la couronne comtale. "
Après avoir reconnu le site où d’Artagnan a vraisemblablement expiré le 25 juin 1673, face à un fortin en demi-lune, à présent disparu, nous retournons chercher la gerbe.
Nous avons convenu de refaire les cent derniers pas de d'Artagnan. C'est l'occasion de constater le fair play local. La ville a ainsi balisé ses hauteurs : D'Artagnanslaan, Porthoslaan, Aramislaan, Athoslaan. En redescendant vers le parc, nous croisons des écoliers que notre cortège intrigue. Au cours de cette solennelle marche, nous portons à tour de rôle la gerbe et la dive bouteille. L'un de ces écoliers accepte de prendre un cliché.
Il n'y a plus que quelques dizaines de mètres à parcourir parmi les pommes de pins lorsque une averse nous douche violemment. Nous nous abritons quelques minutes. Nous poursuivons jusqu'au petit monument édifié à la mémoire de d'Artagnan. "Mousquetaire du roi", précise la plaque à proximité de la figurative et anorexique statuette de bronze, "né en Gascogne vers 1611, mort à Maastricht te 25 juin 1673." Trempés jusqu'aux os, nous respectons une minute de silence. Vient le moment de bénir la terre de Maastricht, et nos lèvres.
Après avoir déjeuné au bord de la grand place Saint-Servais, où Louis XlV n'avait pu donner le Te Deum de la Victoire (l’église servant de magasin de poudre), nous prenons la route du retour. Il est 15 h. La gerbe est toujours en place (elle y restera au moins trois à quatre jours). Maastricht est désert. C'est fini. Nous avons une pensée pour les amis qui nous ont aidés à financer la gerbe et le voyage. Curieusement, aucun descendant de la famille proche ou cousine de d'Artagnan n'a fait le déplacement, pas plus que les autorités militaires françaises. Se réservent-ils pour le 350ème anniversaire ?
Philippe Delaroche
- Odile Bordaz "D'Artagnan, Mousquetaire du Roi" Ed. Griot-Balzac, 1996
- "Au pays des Mousquetaires" Le promeneur des Lettres 1, Impasse du Labrador, 75015 Paris |
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Dépêche Numéro 11 Hiver 2000
D'ARTAGNAN |
Gatien Courtilz, ancien soldat des armées du roi Louis XIV, reconverti en pamphlétaire - ayant -pour cela tâté de la Bastille - doté d'une formidable imagination, s'était fait une spécialité de mémoires apocryphes et avait entre autres publié les mémoires de M. d'Artagnan. S'emparant avec génie du sujet, Alexandre Dumas en fit l'œuvre que l'on sait. Il est fort vraisemblable que sans lui, le nom de d'Artagnan fut demeuré dans l'oubli duquel il le fit émerger en faisant paraître dans "le Siècle" le feuilleton des "Trois mousquetaires".
Se jouant allègrement de l'Histoire, le romancier n'hésite pas, pour les besoins de l'intrigue, à bousculer gaillardement les chronologies et à entremêler pure fiction et réalités historiques. Nul ne saurait lui en tenir longtemps grief tant il a pu enchanter des générations de lecteurs (dont l'auteur de ces lignes). Toutefois, l'image romanesque du héros des "trois mousquetaires" (qui, on le sait, étaient quatre...), s'est substituée à la réalité du véritable personnage historique qui était, lui aussi, à bien des égards, hors du commun.
La lecture du "véritable d'Artagnan", très bon livre récemment réédité de l'historien Jean-Christian Petitfils, apportera aux admirateurs du flamboyant mousquetaire - les lecteurs de la Dépêche au premier chef- les éléments authentiques et maintes précisions véridiques sur une biographie trop méconnue. L'excellent ouvrage d'Odile Bordaz, "D'Artagnan mousquetaire du roi", somme définitive sur le sujet, quoique paru il y a seulement trois ans, est hélas indisponible (momentanément ?) chez l'éditeur.
Charles de Batz, né au manoir de Castelmore vers 1613, n'est pas, contrairement au personnage du roman, issu d'une famille de "vieille noblesse" au "nom porté (...) depuis plus de cinq cents ans", mais bien héritier d'une lignée récemment anoblie, issue de marchands enrichis au XVIe siècle ; il était par sa mère apparenté aux Montesquiou-Fezensac ; de cette lignée, il reprit par la suite le nom d'Artagnan. De sa jeunesse on sait peu. Comme beaucoup de cadets de Gascogne poussés par des rêves de fortune, il s'en vint à Paris en 1630 où il intégra le régiment des gardes avant d'être admis au prestigieux corps des mousquetaires. Il y fit notamment connaissance du marquis de Besmaux, plus tard gouverneur de la Bastille, avec qui il entra en 1946 au service de Giulio Mazarini. Leurs espoirs de fortune rapide furent vite détrompés, la ladrerie de Son Eminence n'ayant d'égal que son empressement à se constituer une fortune personnelle. Durant toute la Fronde, d'Artagnan resta fidèle à la reine et à Mazarin, malgré une longue errance de fugitif où il dut faire preuve de beaucoup d'adresse pour échapper aux princes coalisés.
1654, année du sacre du Roi, d'Artagnan reçut la charge de capitaine-concierge de la volière royale des Tuileries, charge dont la dénomination pourrait aujourd'hui prêter à sourire, mais qui assura enfin à son titulaire un logement enviable de grand seigneur à portée du Louvre. Cinq ans plus tard, Charles de Batz épousa une jeune veuve, Anne de Chanlecy, bien dotée mais au caractère déjà assombri, qui lui donnera deux héritiers.
Quotidiennement proche du roi, qui prenait un vif plaisir à commander personnellement l'exercice du régiment des mousquetaires, le sous-lieutenant d'Artagnan se vit, en cette année 1661, confier une mission stratégique des plus délicates : l'arrestation du tout-puissant Nicolas Fouquet. Ayant accompli sa mission avec une redoutable efficacité, d'Artagnan sera chargé d'organiser la garde à Vincennes de l'ancien surintendant. Trois années durant, le mousquetaire s'acquittera avec tant d'habileté, de diplomatie et de fermeté à la fois de ses fonctions de geôlier qu'il provoqua par son honnêteté l'admiration du roi, de la cour et des amis de Fouquet !
Devenu capitaine, l'ex-cadet famélique n'est plus, après 1667, cité autrement que sous le titre de comte d'Artagnan. Le soutien royal ne lui fera jamais défaut et fera taire quelques fâcheux qui s'étaient avisés de contester (avec quelque raison) la noblesse du mousquetaire. Le règne du Roi Soleil n'a pas été exempt de grandes révoltes populaires. Celle du Vivarais rassembla jusqu'à 13000 rebelles déterminés. D'une efficacité militaire imparable, d'Artagnan se rendit rapidement maître de la situation, organisant avec fermeté une répression qui, après son départ de la région, sous le commandement du terrible Le Bret, dérapa vers d'horribles excès et pillages.
Devenu maréchal de camp et nommé gouverneur de la garnison de Lille, le fier et intransigeant gascon aura pendant ces deux années l'occasion de manifester la sévérité d'un caractère peu amène, et parfois savoureusement procédurier, dont le grand Vauban eut à faire plus d'une fois les frais.
Dégagé enfin de ses obligations, d'Artagnan rejoignit l'armée royale partie en campagne contre les Hollandais insoumis. Objectif, la citadelle de Maastricht ! Les mousquetaires, comme à l'accoutumée, s'illustrèrent par leur vaillance au combat. En ce 25 juin 1673, l'obstination de M. de Montbron, brigadier d'infanterie, à vouloir construire une palissade sur une demi-lune, malgré l'avis fermement opposé de d'Artagnan, lui valut une résistance opiniâtre, puis une furieuse contre-offensive des Hollandais. La situation devenant décidément très critique, d'Artagnan, qui n'était pas de service ce jour là, offrit son renfort à Lord Monmouth : il était, lui, décidé à attaquer hors du couvert des tranchées. Sous un déluge de mitraille, la fortification fut héroïquement reprise, mais le corps sans vie du prestigieux chef des mousquetaires gisait au milieu du glacis, la tête percée d'une balle. Quel meilleur hommage funèbre que ce billet que le roi adressera alors à la reine :
"...j'ai perdu d'Artagnan en qui j'avais la plus grande confiance et qui m'était bon à tout. "
Maurice Moulin de L’Hoc
Puisque la saison est aux cadeaux, voici quelques livres à offrir :
De J.-C. Petitfils, "Le véritable d'Artagnan", éd. Tallandier, 1999; et d'Odile Bordaz, "D'Artagnan mousquetaire du roi", éd. Griot-Balzac, 1996, si vous le trouvez chez un bouquiniste !
Un événement historique considérable, la bataille où s'illustra le maréchal Pierre d'Artagnan-Montesquiou, est le sujet d'un livre de André Corvisier, "La bataille de Malplaquet, 1709, l'effondrement de la France évité", éd. Economica, 1997. |
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Dépêche numéro11 Hiver 2000
Gatien Courtilz, ancien soldat des armées du roi Louis XIV, reconverti en pamphlétaire - ayant -pour cela tâté de la Bastille - doté d'une formidable imagination, s'était fait une spécialité de mémoires apocryphes et avait entre autres publié les mémoires de M. d'Artagnan. S'emparant avec génie du sujet, Alexandre Dumas en fit l'œuvre que l'on sait. Il est fort vraisemblable que sans lui, le nom de d'Artagnan fut demeuré dans l'oubli duquel il le fit émerger en faisant paraître dans "le Siècle" le feuilleton des "Trois mousquetaires".
Se jouant allègrement de l'Histoire, le romancier n'hésite pas, pour les besoins de l'intrigue, à bousculer gaillardement les chronologies et à entremêler pure fiction et réalités historiques. Nul ne saurait lui en tenir longtemps grief tant il a pu enchanter des générations de lecteurs (dont l'auteur de ces lignes). Toutefois, l'image romanesque du héros des "trois mousquetaires" (qui, on le sait, étaient quatre...), s'est substituée à la réalité du véritable personnage historique qui était, lui aussi, à bien des égards, hors du commun.
La lecture du "véritable d'Artagnan", très bon livre récemment réédité de l'historien Jean-Christian Petitfils, apportera aux admirateurs du flamboyant mousquetaire - les lecteurs de la Dépêche au premier chef- les éléments authentiques et maintes précisions véridiques sur une biographie trop méconnue. L'excellent ouvrage d'Odile Bordaz, "D'Artagnan mousquetaire du roi", somme définitive sur le sujet, quoique paru il y a seulement trois ans, est hélas indisponible (momentanément ?) chez l'éditeur.
Charles de Batz, né au manoir de Castelmore vers 1613, n'est pas, contrairement au personnage du roman, issu d'une famille de "vieille noblesse" au "nom porté (...) depuis plus de cinq cents ans", mais bien héritier d'une lignée récemment anoblie, issue de marchands enrichis au XVIe siècle ; il était par sa mère apparenté aux Montesquiou-Fezensac ; de cette lignée, il reprit par la suite le nom d'Artagnan. De sa jeunesse on sait peu. Comme beaucoup de cadets de Gascogne poussés par des rêves de fortune, il s'en vint à Paris en 1630 où il intégra le régiment des gardes avant d'être admis au prestigieux corps des mousquetaires. Il y fit notamment connaissance du marquis de Besmaux, plus tard gouverneur de la Bastille, avec qui il entra en 1946 au service de Giulio Mazarini. Leurs espoirs de fortune rapide furent vite détrompés, la ladrerie de Son Eminence n'ayant d'égal que son empressement à se constituer une fortune personnelle. Durant toute la Fronde, d'Artagnan resta fidèle à la reine et à Mazarin, malgré une longue errance de fugitif où il dut faire preuve de beaucoup d'adresse pour échapper aux princes coalisés.
1654, année du sacre du Roi, d'Artagnan reçut la charge de capitaine-concierge de la volière royale des Tuileries, charge dont la dénomination pourrait aujourd'hui prêter à sourire, mais qui assura enfin à son titulaire un logement enviable de grand seigneur à portée du Louvre. Cinq ans plus tard, Charles de Batz épousa une jeune veuve, Anne de Chanlecy, bien dotée mais au caractère déjà assombri, qui lui donnera deux héritiers.
Quotidiennement proche du roi, qui prenait un vif plaisir à commander personnellement l'exercice du régiment des mousquetaires, le sous-lieutenant d'Artagnan se vit, en cette année 1661, confier une mission stratégique des plus délicates : l'arrestation du tout-puissant Nicolas Fouquet. Ayant accompli sa mission avec une redoutable efficacité, d'Artagnan sera chargé d'organiser la garde à Vincennes de l'ancien surintendant. Trois années durant, le mousquetaire s'acquittera avec tant d'habileté, de diplomatie et de fermeté à la fois de ses fonctions de geôlier qu'il provoqua par son honnêteté l'admiration du roi, de la cour et des amis de Fouquet !
Devenu capitaine, l'ex-cadet famélique n'est plus, après 1667, cité autrement que sous le titre de comte d'Artagnan. Le soutien royal ne lui fera jamais défaut et fera taire quelques fâcheux qui s'étaient avisés de contester (avec quelque raison) la noblesse du mousquetaire. Le règne du Roi Soleil n'a pas été exempt de grandes révoltes populaires. Celle du Vivarais rassembla jusqu'à 13000 rebelles déterminés. D'une efficacité militaire imparable, d'Artagnan se rendit rapidement maître de la situation, organisant avec fermeté une répression qui, après son départ de la région, sous le commandement du terrible Le Bret, dérapa vers d'horribles excès et pillages.
Devenu maréchal de camp et nommé gouverneur de la garnison de Lille, le fier et intransigeant gascon aura pendant ces deux années l'occasion de manifester la sévérité d'un caractère peu amène, et parfois savoureusement procédurier, dont le grand Vauban eut à faire plus d'une fois les frais.
Dégagé enfin de ses obligations, d'Artagnan rejoignit l'armée royale partie en campagne contre les Hollandais insoumis. Objectif, la citadelle de Maastricht ! Les mousquetaires, comme à l'accoutumée, s'illustrèrent par leur vaillance au combat. En ce 25 juin 1673, l'obstination de M. de Montbron, brigadier d'infanterie, à vouloir construire une palissade sur une demi-lune, malgré l'avis fermement opposé de d'Artagnan, lui valut une résistance opiniâtre, puis une furieuse contre-offensive des Hollandais. La situation devenant décidément très critique, d'Artagnan, qui n'était pas de service ce jour là, offrit son renfort à Lord Monmouth : il était, lui, décidé à attaquer hors du couvert des tranchées. Sous un déluge de mitraille, la fortification fut héroïquement reprise, mais le corps sans vie du prestigieux chef des mousquetaires gisait au milieu du glacis, la tête percée d'une balle. Quel meilleur hommage funèbre que ce billet que le roi adressera alors à la reine :
"...j'ai perdu d'Artagnan en qui j'avais la plus grande confiance et qui m'était bon à tout. "
Maurice Moulin de L’Hoc
Puisque la saison est aux cadeaux, voici quelques livres à offrir :
De J.-C. Petitfils, "Le véritable d'Artagnan", éd. Tallandier, 1999; et d'Odile Bordaz, "D'Artagnan mousquetaire du roi", éd. Griot-Balzac, 1996, si vous le trouvez chez un bouquiniste !
Un événement historique considérable, la bataille où s'illustra le maréchal Pierre d'Artagnan-Montesquiou, est le sujet d'un livre de André Corvisier, "La bataille de Malplaquet, 1709, l'effondrement de la France évité", éd. Economica, 1997
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