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Un disque superbe
Nous avons chanté, eh bien dansez maintenant !
ertrait du numé ro 21 de Franche Contrée, livraison de la Dépêche, de la Compagnie d'Artagnan et Planchet
Le projet est né lors de notre rencontre de 2002, place Vendôme, en l'hôtel d'Evreux. Une belle rencontre présidée par Marcel Jullian en compagnie d'Elisabeth Levy (journaliste à France Culture et Marianne), Eric Zemmour (journaliste au Figaro), Laurent Lemire (journaliste au Nouvel Observateur) et Odile Bordaz (écrivain, conservatrice du Château de Vincennes) qui ont débattu de "l'esprit de courtisanerie dans le monde d'aujourd'hui", devant plus de cent cinquante personnes. Un projet musical, une tentative musicale. Adapter une vieille chanson française aux sons d'aujourd'hui. Faire quatre versions musicales différentes d'une même chanson. Faire danser notre temps avec une chanson populaire du XVIIe siècle !
Cela se passe au moment où le bon roi Henri, seul prince légitime, devient roi de France... Les ligueurs refusent ce roi et, après les guerres de religions, c'est la guerre civile. Les "ligueux", faisant fi de la légitimité et des traditions françaises, s'allient à l'étranger pour refuser l'Henri. Le roi gagne. La France gagne, et c'est la paix, et la poule au pot chaque dimanche ! De cette conquête du royaume par le roi légitime (mais un roi n'est-il pas toujours obligé de refaire la conquête de son royaume ?) est née une chanson : Vive le Roi Henri, sur l'air d'un Noël du XVIe siècle (recueil de Christophe de Bordeaux, 1581). Puis ce fut un branle coupé (l'Orchésographe, 1588). Enfin, le maître de chapelle d'Henri IV, du Courroy, lui donne sa première version politique. Cette chanson devint au long des siècles l'hymne de la France royale. Aujourd'hui oubliée, elle ne parle que de paix, d'amour, de vin et de femmes : une vraie chanson populaire, contre les partis, et contre la guerre.
Il ne s'agissait pas d'adapter le texte au temps présent, mais d'adapter le thème musical aux musiques populaires d'aujourd'hui. Denis s'est mis au travail : faire de ce Noël un reggae dub (style jamaïquain), une valse musette, un rock du troisième millénaire. Ce n'était pas aussi simple qu'on peut le croire en entendant le résultat. Mais pour que cela se réalise, il fallait un producteur, un homme qui ose prendre sur lui (et dans son porte-monnaie) le risque de financer le travail. Car il en faut des sous pour louer le studio, rétribuer les intervenants, fabriquer le compact disque, concevoir et faire imprimer la pochette. Régis assume, seul, la production, les sous sont comptés mais la vente du compact permettra d'envisager d'en faire d'autres !
Paris, samedi 16 avril, il fait froid, très froid, rue d'Avron. Un café ne réchauffe rien ! Denis, le franco-polonais, accordéoniste chanteur, est sur le trottoir, attendant les compères. Dans sa tête, il sait ce qu'il veut faire, dans sa tête il a les thèmes musicaux, mais rien n'est écrit. Arrive Léon, franco-ivoirien, qui tient en main une petite pochette : ses baguettes... il est le batteur. Arrive Pascal, franco-auvergnat, qui porte sa guitare, et enfin Fred, franco-normand, le bassiste. La production, Régis, franco-normand-jurassien, arrivera beaucoup plus tard et François-Marin, franco-parisien, qui doit assurer la doctrine, arrive avec le texte et les différentes versions anciennes (pour en savoir plus il vous faudra lire le texte introductif du compact disque). L'équipe est au complet, direction le studio d'enregistrement.
Là, au fond d'une cour, d'anciens entrepôts transformés en studio, on monte sous les toits, Jérôme, l'ingénieur du son, est devant sa machine à mixer : une 24 pistes Mackie. On se met au travail. D'abord, le "commissaire politique" explique, très sommairement, ce qu'est cette chanson, puis Denis joue quelques notes pour donner le ton. Quasi sans répétition, en quelques prises, le premier morceau, un arrangement moderne du thème traditionnel, est en boîte. Suivi par la version reggae, puis la valse musette et enfin la version rock n'roll. Entre chaque enregistrement, une pose où l'on fume et boit. On boit de la bière et du vin ! La journée n'y suffit pas. Denis reprend les voix le lendemain. Il faut être au bord de la Marne dans une guinguette pour la valse. Il faut être devant le public du Madison Square Garden pour le rock, et que je te balance le son, et que je te balance la voix... Après, c'est la mise à plat, puis le mixage de chaque son, de chaque solo, de l'ensemble. Ainsi va la musique. Terminé l'enregistrement, la mise en boîte, comme on dit ! Reste le travail intellectuel, l'écriture, la présentation de la chanson et l'habillage du compact disque. L'ensemble sera prêt pour septembre et vous pourrez entendre et réentendre "Vive le roi Henri" interprété en traditionnel, valse musette, reggae et rock pour la Noël 2005. En hiver, vous pourrez danser, et danser encore, car nous avons chanté au printemps ! Enfin un vrai cadeau de Noël pour tous ceux qui aiment la musique et qui veulent danser !
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