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Sur l'air bien connu de "Perrine était servante". Ah ces couleurs qui cassent l'appétit. Philippe Kaminski chante

Verrine était pervenche

Et bleus les canapés

Au loufiat je demande

Mais de quoi donc c'est fait ?

C'est de la mouss' de menthe

Gingembre et jujubier

Un' touche d'amaranthe

Sur un fond d'alisier

Tartare de clovisses

Aux noix de karité

On picore, on adore

Le tout c'est d'y goûter

Verrine, ô ma verrine,

Est-ce je vais oser ?

Une coupe de champagne

M'aid'ra à l'avaler

Pervenche après pervenche

J'en fus tout barbouillé

A charge de revanche

Quand c'est moi qu'invit'rai !

La Surpêche

Ivre était ce bateau, c'en était effarant !

De son pont chaloupé jaillissait la comptine :

Allons à Messine, y surpêcher la sardine,

Allons à Lorient, surpêcher le hareng !

 

David, son capitaine aux arts laids trop amène,

Des ressources des mers faisait fort peu de cas,

En ses filets cagneux, vouant à grand fracas

D'innocents capitaines aux captures certaines !

 

À tue-tête il chantait, l'obstiné préleveur :

Congrus les congres nus, foudroyées les torpilles,

KO les maquereaux, dézinguées les anguilles !

Les zones protégées ? J'y chalute sans peur !

 

Ma cale se remplit de roux saumons par nasses :

J'enfonce Alphonse Allais, je fonce hâler mes thons,

De bons Lettons dit-on, ceux dont Taine eut bon ton ;

Quand le cabillaud va, reine va la rascasse !

 

Je les pêcherai tous, ce sera eux ou moi !

Ainsi bravait l'ivrogne, et ses filets tenaces

Jusqu'au dernier poisson remplissaient sa besace ;

L'épuisement des mers le laissait sans effroi.

 

Son grand frère jadis, de sa fronde assassine,

Des Goliaths, des mammouths, avait purgé l'Orient ;

Est-il aussi glorieux de nettoyer Lorient,

Et à coups de harpon d'atomiser Messine ?

 

Car sous le seuil fatal pour les reproducteurs,

Le requin ne voit plus sa requine coquine,

Le mur défait des raies s'effondre et se débine,

La drague tue la drague, et c'est le frai qui meurt.

 

Mort le frai, mort le fret ! Mais les frais toujours vivent,

Charges, baux et impôts ne cessent de monter,

Les taxes sur la gnôle ont encore augmenté,

Et tu as fait mourir tes forces productives !

 

Car tel est ton tonneau ! Tes laids thons montent au nez !

Halieute inconscient, tu as lieu de te plaindre

D'avoir scié sciemment ta branche et ton cylindre,

Reste amarré au port, la faillite a sonné !

 

Perfide, avide, amer David ! La mer est vide !

Pirate iconoclaste à la pêche d'enfer,

Ta surpêche infernale en a fait un désert,

Toi, cruel promoteur d'un si vain génocide !

 

 

BLASPHÈME 2009

Planète réchauffée,

Ouragans, canicule ;

Contre vents et marées,

Houille et gaz vont et brûlent.

Au rebours du manchot,

Quand j'ai froid, c'est l'effroi ;

Mais que me chaut le chaud ?

L'héliotrope est mon Roi.

Lombrics, haies, fées de serres,

Tous amis de la Terre,

Fouettez remontrances !

Seul, sourd à vos jactances,

J'émets du CO2

J'aime et loue ces hauts jeux !

 
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