Ainsi bravait l'ivrogne, et ses filets tenaces
Jusqu'au dernier poisson remplissaient sa besace ;
L'épuisement des mers le laissait sans effroi.
Son grand frère jadis, de sa fronde assassine,
Des Goliaths, des mammouths, avait purgé l'Orient ;
Est-il aussi glorieux de nettoyer Lorient,
Et à coups de harpon d'atomiser Messine ?
Car sous le seuil fatal pour les reproducteurs,
Le requin ne voit plus sa requine coquine,
Le mur défait des raies s'effondre et se débine,
La drague tue la drague, et c'est le frai qui meurt.
Mort le frai, mort le fret ! Mais les frais toujours vivent,
Charges, baux et impôts ne cessent de monter,
Les taxes sur la gnôle ont encore augmenté,
Et tu as fait mourir tes forces productives !
Car tel est ton tonneau ! Tes laids thons montent au nez !
Halieute inconscient, tu as lieu de te plaindre
D'avoir scié sciemment ta branche et ton cylindre,
Reste amarré au port, la faillite a sonné !
Perfide, avide, amer David ! La mer est vide !
Pirate iconoclaste à la pêche d'enfer,
Ta surpêche infernale en a fait un désert,
Toi, cruel promoteur d'un si vain génocide !